La carpologie

 

     La carpologie, au carrefour des sciences humaines et environnementales, constitue un outil unique pour comprendre les réponses apportées par des communautés agricoles aux modifications de leurs situations économique et politique. Les fruits et graines représentent des témoins matériels aisément accessibles et directement exploitables, qui rendent compte aussi bien de l’environnement que de l’utilisation par l’homme des ressources naturelles pour leurs propriétés alimentaires ou artisanales aussi bien que pour leurs dimensions symboliques. La carpologie apporte la preuve directe de l’utilisation d’une espèce à un endroit précis pour une période donnée, reflétant les réseaux d’échange et les modes de transmission des savoirs. Si la carpologie étudie principalement l’utilisation des végétaux par l’homme, les informations obtenues sont également très précieuses pour la compréhension des paysages anciens. Chaque espèce de plante a des exigences de croissances qui lui sont propres, en lien direct avec son milieu de vie. Les caractéristiques écologiques de ces pantes permettent donc de reconstituer les environnements dans lesquels les hommes avaient l’habitude de les prélever ou de les cultiver. Certaines espèces comme les « adventices » associées aux espaces de culture, nous renseignent également sur le potentiel des sols agricoles et sur certaines pratiques agraires.

    Les hommes du passé ont utilisé de nombreuses plantes pour se nourrir, se vêtir, teindre leurs vêtements, se soigner, embellir leurs espaces de vie, rendre hommage à leurs défunts. A partir du 6e millénaire avant JC, ils cultivent des céréales, des plantes textiles et des légumineuses importées du croissant fertile. Ces plantes laissent de nombreuses traces en contexte archéologique. On trouve de tels écofacts gorgés d’eau dans des puits ou d’anciens lits de cours d’eau, carbonisés dans l’habitat lors de cuissons ou d’incendies, minéralisés dans des fosses d’aisance…